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Portrait régional : Montérégie

Dans le cadre de notre mandat d’accompagner l’industrie des services automobiles, Innoviste se doit de rechercher et d’analyser les données économiques et industrielles pour mieux comprendre les dynamiques régionales. Nous sommes donc ravis de vous présenter notre second portrait régional, portant sur la Montérégie. Ce portrait met en lumière les particularités économiques, démographiques et sectorielles de cette région clé du Québec, avec un regard particulier sur l'industrie des véhicules motorisés.

La région en bref

La région de la Montérégie se présente comme une économie dynamique et stratégique au Québec, mais aussi comme un territoire en transition. Avec ses 1,517 million d'habitants (16,8% de la population du Québec) et une croissance démographique qui s'accélère d'année en année, la région figure comme la deuxième plus populeuse de la province après Montréal. La projection démographique pour la période 2021-2026 indique une croissance de 5,9%, comparée à 5,6% pour l'ensemble du Québec (5,6%).[11][2]

Un marché du travail en stagnation

Le marché du travail montérégien a connu une pause de croissance notable en 2024. Alors que la région affichait traditionnellement des performances légèrement supérieures à la moyenne québécoise, elle enregistre désormais une hausse quasi imperceptible d'emplois : seulement 800 postes créés, soit un taux d'accroissement de 0,1%. Cette stagnation contraste fortement avec les années précédentes et suggère une économie présentant un certain ralentissement.[3][1]

Parallèlement, le taux de chômage s'est accru, passant de 3,9% en 2023 à 4,5% en 2024, signalant un fléchissement du marché du travail. Le nombre de chômeurs a augmenté de 5 700 personnes, atteignant un total de 40 300 individus. Bien que le taux demeure inférieur à celui de l'ensemble du Québec (5,3%), cette tendance haussière interpelle les employeurs et les décideurs régionaux.[4][1]

Indicateur

2023

2024

Variation

Nombre total d'emplois

857,3 k

858,1 k

+0,8 k

Taux d'emploi

63,6%

62,5%

-1,1 pp*

Taux de chômage

3,9%

4,5%

+0,6 pp

Chômeurs

34 600

40 300

+16,5%

Taux d'activité

66,1%

65,4%

-0,7 pp

Source : Données gouvernementales québécoises compilées

* point de pourcentage

 

Postes vacants en baisse, défis de qualification persistants

Un des changements les plus significatifs de 2024 a été la diminution draconienne des postes vacants. De 26 900 offres en 2023, la Montérégie en comptabilisait, en moyenne, 19 910 en 2024, soit une baisse de 25,8%. Le taux de postes vacants a chuté de 4,5% à 3,3%.[5][1]

Cette apparente bonne nouvelle pour les chercheurs d'emploi cache une réalité plus nuancée. Malgré la disponibilité accrue de travailleurs, les employeurs continuent à rencontrer des difficultés de recrutement dans certains secteurs clés. Selon le rapport du plan d'action régional de la Montérégie 2025-2026, le problème réside dans l'adéquation entre les compétences offertes et les qualifications demandées.[5]

Trois secteurs concentrent un nombre particulièrement important de postes vacants : la santé, la fabrication et le commerce de détail. Une part significative de ces postes vacants—28,7% environ—reste non pourvue depuis plus de 90 jours, indiquant, potentiellement, que les candidats disponibles ne possèdent pas nécessairement les qualifications requises.[1][5] 

La Montérégie, puissance manufacturière en transition

La Montérégie demeure la deuxième région manufacturière au Québec en importance, regroupant 22% de toutes les entreprises du secteur. Elle concentre quelque 108 800 emplois en fabrication—le chiffre le plus élevé au Québec—et représente 30% des emplois québécois liés à la transformation complexe (impression, machinerie, matériel de transport).[6][3]

Le secteur de la fabrication absorbe 12,7% de l'emploi régional, une proportion supérieure à la moyenne provinciale de 11,0%. Cependant, le premier semestre 2025 révèle une perte nette de 14 400 emplois (construction, fabrication, autres industries). Le sous-secteur de la production a particulièrement souffert, perdant 8 000 emplois.

L’industrie des véhicules motorisés

L'industrie des véhicules motorisés joue un rôle crucial pour la région. La Montérégie concentre une expertise importante en mécanique, en conseil et vente de pièces d'équipement motorisé, ainsi qu'en carrosserie automobile.[8][9] Les formations professionnelles structurées sont nombreuses dans la région. Plusieurs centres de formation reconnus offrent ces programmes (La Prairie, Saint-Jean-sur-Richelieu, Saint-Hyacinthe, Vaudreuil-Dorion, Saint-Hubert et Saint-Chrysostome).[10][8]

En 2024, le paysage de l'industrie automobile et de l'équipement motorisé se définit par une structure de petites et moyennes entreprises très spécialisées, employant au total plus de 25 500 personnes.

Le commerce de détail de véhicules et de pièces est le plus important du secteur. Avec 10 685 salariés, il représente plus de 40% de la force de travail totale. On y dénombre 549 employeurs, dont une proportion importante (112 entreprises) compte entre 20 et 49 employés.

La réparation et l'entretien de véhicules mobilisent 6 295 salariés et 1 053 travailleurs autonomes. C'est l'univers de la microentreprise par excellence : sur les 1 079 entreprises avec employés, près de 60% (636 établissements) fonctionnent avec de très petites équipes de 1 à 4 personnes.

Les grossistes-marchands de véhicules et accessoires affichent une dynamique différente, portée par 4 412 salariés. Bien qu'il compte moins d'entreprises (173 employeurs), c'est ici que l'on observe les plus grandes structures de l'industrie. C'est le seul segment qui parvient à franchir le cap des grandes entreprises, avec deux organisations comptant entre 200 et 499 employés.

Les grossistes-marchands de machines et matériel complètent le tableau avec 4 185 salariés. Ce secteur se caractérise par une forte fragmentation : on y trouve 267 entreprises avec employés, soit près de cent de plus que dans le commerce de gros de véhicules. L'activité y est très répartie, avec une forte concentration de microentreprises (92 de moins de 5 employés) et de structures moyennes.

Le rôle d’Innoviste

Dans ce contexte complexe, Innoviste s’engage activement à soutenir les entreprises et les travailleurs de l’industrie des véhicules motorisés. Nous travaillons de concert avec les employeurs, les travailleurs et les associations sectorielles pour identifier les besoins en formation et en développement des compétences. En collaboration avec l’industrie et le gouvernement du Québec, Innoviste élabore des programmes de formation continue et des outils pratiques pour permettre à tous les acteurs de l’industrie de s’adapter à une réalité en constante évolution.

 Voir l'information sur le marché du travail pour toutes les régions administratives du Québec.

 

Sources :

  1. https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/emploi-solidarite-sociale/publications-adm/imt/bulletins-annuels/16-monteregie/BUL_IMT_16_MTG_2024.pdf
  2. https://statistique.quebec.ca/fr/fichier/coup-oeil-monteregie-2025.pdf
  3. https://www.economie.gouv.qc.ca/pages-regionales/monteregie/portrait-regional/structure-economique
  4. https://www.economie.gouv.qc.ca/pages-regionales/monteregie/portrait-regional/economie
  5. https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/emploi-solidarite-sociale/publications-adm/plan-strategique/plan_action_regional/2025/PAR_16_MTG_2025-2026.pdf
  6. https://www.magazinemci.com/articles/monteregie-une-grande-region-manufacturiere
  7. https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/emploi-solidarite-sociale/publications-adm/imt/bulletins-semestriels/16-monteregie/2025/BUL_IMT_16_MTG_2025_Semestre-1.pdf
  8. https://www.fpmonteregie.ca/mecanique-automobile/
  9. https://mondep.com/cfpl/
  10. https://www.fpmonteregie.ca/conseil-et-vente-de-pieces-dequipement-motorise/
  11. https://www.economie.gouv.qc.ca/pages-regionales/monteregie/portrait-regional/demographie